Ministère de l'Economie
Une reprise de l’activité en 2010…
mais dans la douleur

Suite et fin de notre entretien avec Jeannot Krecké, ministre de l’Economie et du Commerce extérieur.
Vous avez également présenté le plan sectoriel “zones d’activités économiques” de concert avec M. Halsdorf, récemment. En quoi consiste-t-il? Comment organiser les zones d’activités économiques au Grand-Duché dans le futur?
Nous avons dans un premier temps établi un inventaire complet de ce qui existe et de ce qui est occupé. Nous avons ensuite fait des calculs d’extrapolation sur nos besoins futurs d’ici 2020/2030. Nous pouvons à partir de ces calculs estimer les besoins en surfaces pour les activités économiques qui sont de l’ordre de 330 ha à l’horizon 2020, toute réserve incorporée. Ces surfaces ont été cartographiées. Certaines zones existent déjà, certaines ont été agrandies, d’autre rétrécies, et de nouvelles s’y sont ajoutées. La carte n’a pas encore été publiée car nous travaillons actuellement sur une réglementation
destinée à empêcher toute spéculation.
Nous avons fixé la priorité à l’extension de l’existant et mis l’accent sur les zones régionales plutôt que sur les zones à caractère national. Parmi les zones nationales, des zones sont dédiées chacune à un secteur spécifique comme celle de Contern pour la logistique, et de Dudelange pour les technologies de la Santé. Nous privilégierons dorénavant les zones d’activités régionales parce qu’elles sont gérées par les communes via un syndicat de communes. Il existe deux types de zones régionales : la première regroupe les artisans et les petites industries, la deuxième les commerces – d’une surface maximale de 2.000 m2 – et les bureaux –d’une surface maximale de 3.500 m2. Nous avons limité les zones d’activités communales pour éviter que chaque commune ne fasse sa propre zone d’activités. Des zones spéciales verront également le jour. Il s’agit là de zones commerciales pourvues d’un terrain de football, d’un parc d’exposition, par exemple. Au final, nous disposerons donc de trois types de zones d’activités économiques: nationale, régionale et locale.
Crise financière oblige, l’UEL a préconisé une centaine de mesures à adopter pour améliorer la compétitivité des entreprises. Parallèlement, une commission spéciale “crise économique et financière” a établi vingt et une recommandations au Gouvernement. Quels sont les grands axes à retenir?
Il revient à ces organismes de vous les donner. Quant au Gouvernement, nous avons pris plusieurs dispositions. Nous avons d’abord tout mis en place pour augmenter le pouvoir d’achat de la grande majorité de nos concitoyens par la réduction des impôts, l’introduction de crédits-impôts, l’augmentation du salaire minimum, du revenu minimum, des pensions, le doublement de l’allocation de vie chère tout comme par toute une série de primes et d’incitatifs pour certains biens d’ équipement tels que les voitures et les frigidaires. Toutes ces mesures ont pour objectif le soutien à la consommation de sorte que le commerce ne pâtisse pas de la crise. Un programme d’investissements publics de grande envergure dans des infrastructures a été mis en route en faveur du secteur de l’artisanat et de la construction. Ainsi, certains projets ont déjà démarré alors qu’ils ne devaient débuter qu’en 2012/2013 et nous avons également accéléré les projets en cours. Nous avons à ce titre facilité les démarches administratives. Dans le secteur financier, nous sommes entrés dans le capital de certaines banques. L’industrie, quant à elle, est essentiellement axée sur l’exportation donc nous n’avons là pas les cartes en main. Le Luxembourg, par son caractère exigu, est en effet fortement dépendant de ses voisins. Nous cherchons donc à soutenir les entreprises exportatrices par tous les moyens. En temps de crise, la réduction de la production passe inévitablement par la réduction des coûts. Le Gouvernement a pour cela opté pour la flexibilisation du temps de travail partiel ou autrement dit du chômage partiel. Les allocations de chômage partiel sont payées par l’Etat à l’entreprise à raison de 80% du salaire perçu par le salarié pendant les heures chômées avec une limite de 2,5 fois le salaire social minimum. Ce remboursement peut atteindre 90% si le salarié effectue une formation. Nous avons également porté la période l’éligibilité pour le chômage partiel de la durée de six à douze mois pour 2009 et 2010. Les plans de maintien de l’emploi ont pour objectif de trouver des solutions alternatives dans le cadre du dialogue social afin que des salariés menacés de licenciement ne soient pas confrontés au chômage, comme par exemple permettre aux employés d’aller travailler dans une autre entreprise pendant une période définie puis de retourner à leur poste de travail initial. L’Etat met tout en œuvre afin que les entreprises ne licencient pas, et le soutien dans notre pays est, en ce sens, nettement plus important que dans les autres pays. Une autre mesure concerne l’accès au crédit pour les entreprises qui ont un potentiel de développement mais qui ne parviennent pas à obtenir de crédit. En cela, une loi offrant de nouvelles garanties devrait bientôt passer (ndlr : cette loi a été votée entre temps le 12 mai 2009). Nous soutenons également les entreprises qui investissent dans des projets innovants de recherche et développement. 2009 aura été une année difficile, mais nous tablons sur une reprise de l’activité l’année prochaine, certes graduelle et lente.
PhR