Esch/Alzette – Urbanisme

“Notre politique, regrouper les
projets en grands plans directeurs”

 

C’est avec ces mots que débute notre entretien avec Jean Goedert, architecte-directeur de la ville d’Esch-sur-Alzette. La “capitale du sud” dont l’essor reposait il y a quelques décennies encore sur l’activité sidérurgique, est en passe de se métamorphoser pour devenir un deuxième pôle d’attraction incontournable dans le pays. Outre le site Belval, Esch-sur-Alzette a plusieurs grands chantiers dans ses cartons dont les plans directeurs sont en passe d’être finalisés.

Voici les deux premiers dans cette édition de Lëtzebuerger Gemengen.

Tout d’abord, quelle est votre vision d’architecte-urbaniste sur le site de Belval et ses implications sur la ville d’Esch-sur-Alzette?

Belval a une incidence importante sur tous les autres projets de la ville, c’est une évidence. C’est la raison pour laquelle notre service analyse de près l’incidence de ce projet sur tout le développement de la ville d’Esch. Le projet Belval doit être considéré comme un “projet omniprésent” et donc comme point de départ à un développement cohérent de la ville avec les nouveaux projets à venir. Notre grand défi consiste à assurer une complémentarité entre Belval et les autres projets. Mais ceci implique d’autres paramètres, comme parvenir à réaliser une bonne interconnection entre Belval et le reste de la ville. Nous allons même plus loin dans nos réflexions en considérant  – d’un point de vue urbanistique – Esch-ouest comme centre de l’agglomération eschoise si l’on y intègre Mondercange, Schifflange et Belval. Le développement urbain doit être considéré comme une planification et un travail sur le terrain de longue haleine qui s’étend sur des décennies voire davantage encore.
La connexion de Belval au tissu urbain n’est pas encore optimale puisqu’il n’y a que deux accolades qui peuvent connecter le projet à la ville d’Esch directement. L’autre accolade, quant à elle, n’est que partiellement sur le territoire luxembourgeois. Là où je veux en venir, c’est que nous devons non seulement voir loin dans le temps mais aussi loin dans l’espace. En l’occurrence, avoir une vue transfrontalière des choses. Nous attendons pour cela la constitution du groupement économique de coopération transfrontalière afin de pouvoir adapter nos grands plans d’aménagement généraux ou d’urbanisme avec les communes françaises avoisinantes avec lesquelles nous sommes d’ailleurs déjà en contact.

Quels sont les autres grands projets?

Le projet de réhabilitation de la zone des Terres rouges est un des autres grands projets dont les plans directeurs sont sur le point d’être parachevés. C’est dans cette zone que se situe la première usine à avoir été désaffectée, dans les années 80.

Une dizaine d’affectations ont été trouvées, mais, pour le moment, c’est un promoteur privé qui a élaboré un projet de plan directeur du site qui comporte au centre un nouveau stade de football avec autour soit des commerces, soit des installations sportives ainsi que d’autres fonctions comme l’habitat et une nouvelle école primaire. L’on envisage donc un quartier mixte pourvu d’une connexion directe au centre-ville d’Esch et une grande connexion qu’on appelle la coulée verte de l’Alzette vers les communes de la route de la Vallée de l’Alzette. Il est en effet important de laisser une ouverture sur la campagne pour ne pas trop envelopper la ville par du construit. Cela dit, ce projet sera long et complexe, d’une part de par sa superficie qui atteint presque 11 ha, d’autre part, parce que moult analyses préliminaires du sous-sol sont nécessaires si l’on veut rendre ce site constructible.

 

PhR

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