Esch-sur-Sûre
Esch-sur-Sûre
Chronique d'une fusion annoncée
Les habitants de la commune de Esch-sur-Sûre devront se prononcer sur la fusion ou non des localités de Esch-sur-Sûre, Heiderscheid et Neunhausen par référendum le 7 juin dans le cadre de la réorganisation territoriale tant désirée par le Gouvernement. Si le “oui” l'emporte, la commune fera figure de pionnière dans le domaine. Rencontre avec le bourgmestre de Esch-sur-Sûre, Gilles Kintzelé.
M. Kintzelé, quels sont les objectifs majeurs recherchés par cette fusion?
Il s'agit surtout de régionaliser les services et d'offrir en contre-partie d'une part, des services de meilleure qualité, d'autre part, d'apporter des services supplémentaires à la population tout comme concrétiser de nouveaux projets au sein d'une seule commune.
Quels seraient ces nouveaux services, ces nouveaux projets?
Il y en aurait beaucoup, citons donc les principaux. Parmi ceux-ci, des projets d'infrastructures comme la refonte de la voie vicinale dans certains villages. Nous voudrions construire une nouvelle mairie ainsi qu'un centre culturel à Eschdorf. Un autre projet important consisterait dans l'aménagement d'un parking couvert à Esch-sur-Sûre et dans l’instauration d’une politique de ville sans voitures afin de faire revivre le tourisme en forte baisse. Nous pensons également consolider et sécuriser les vestiges du Château de Esch-sur-Sûre, des travaux de rénovation qui auraient lieu plus rapidement que prévu en cas de fusion. Sachez que le ministère de l'Intérieur financera alors les PAG et les nouveaux plans communaux du cycle urbain de l'eau. Nous avons plus récemment opté pour un projet de maintien à domicile des personnes âgées, et ce, via une panoplie de mesures adéquates comme l'instauration d'un service de blanchisserie ainsi que de transport approprié aux personnes âgées afin qu'elles puissent se rendre aisément chez le médecin, par exemple. Je souhaite aussi l'extension de la zone d'activités de Heiderscheid pour laquelle nous bénéficierions d'un apport financier de l'Etat. Il en va de même pour le Pacte du logement dont les subventions de l'Etat s'élèveraient à 4000 euros par habitant. Cela n'est en effet possible que si nous fusionnons. Le cas échéant, nous ne pourrions pas remplir les conditions du Pacte avec moins de 300 habitants, car cela impliquerait une augmentation de la population de 10% sur 10 ans; en d'autres termes, nous devrions parvenir à quadrupler le nombre d'habitants dans la commune de Esch-sur-Sûre.
“L'union fait la force” donc, comme nous le soulignait récemment le ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire?
Certainement. Très certainement. Je le répète, je suis convaincu que la fusion des communes ne peut que conduire à une amélioration des services administratifs. Sur le plan financier, les subventions qui nous seraient accordées nous permettraient de mener à bien de nouveaux projets. Seule ombre au tableau, la disparition des mairies. Cela impliquerait inévitablement une amélioration des services de mobilité, tout spécialement pour les personnes âgées, de même qu'optimiser les sites Internet des communes. Cependant, je suis certain que nos concitoyens ont conscience qu'il n'y a qu'une solution envisageable, répondre “oui”.
Avez-vous pour cela lancé une campagne de communication?
Elle est en train de se mettre en place. Une réunion d'information aura d'ailleurs lieu début mai. Je pense néanmoins qu'il est encore un peu tôt pour initier cette campagne.
Et si le “non” l'emporte, pensez-vous que cela pourrait faire boule de neige?
Ce serait vraiment dommage. Je crois que les toutes petites communes n'ont plus la possibilité de survivre dans l'état actuel des choses. Si le “non” l'emporte, que puis-je dire d'autre qu'espérer qu'il n'y aura pas d'effet boule de neige.
Le Gouvernement envisagerait également d'instaurer une échelle régionale. Etes-vous plutôt favorable à cette idée ou estimez-vous que cette mesure pourrait constituer un frein pour les communes?
C'est un autre débat. Sachez que de toute façon, les conseils échevinaux des différentes communes se voient régulièrement pour se concerter, évaluer les projets communs.
Si cela peut faciliter le travail de la commune, bien sûr; par contre, si cela constitue une nouvelle barrière aux délibérations au sein d'une commune de même que des difficultés administratives, c'est alors peu souhaitable.
PhR