Mamer

Une politique
d'urbanisation avant-gardiste
 

 

Rencontre avec le député-maire de Mamer, Gilles Roth, qui nous expose sa conception de la politique de logement et les réalisations concrètes sur le terrain dans sa commune.

 

 

M. le Député-maire, qu'est-ce qui a poussé récemment la commune de Mamer à signer le Pacte du Logement? En quoi consiste-t-il exactement?

Le Pacte du Logement s'inscrit dans le cadre des mesures envisagées par le Gouvernement destinées à affronter avec les communes les problèmes qui se posent en matière de logement. La convention signée par les deux parties a pour objectif d'augmenter l'offre de logements et de réduire le coût du foncier et de l'habitat par la mise en oeuvre d'une série de mesures.

Dès lors, l'Etat s'engage à participer aux coûts induits par l'augmentation du nombre d'habitants dans la commune. Il s'agit plus concrètement d'une contribution financière à hauteur de 6750 euros pour tout nouvel habitant dépassant la croissance de 1% de la population. Cependant, le seuil minimum de croissance s'élève à 30 habitants par an comme le stipule le texte de loi. En 2008, nous avons donc reçu une enveloppe d'un million d'euros. A noter que cette contribution financière est autonome et n'inclue donc pas les aides qui sont déjà accordées aux communes.
Nous menons ainsi une politique de développement de logements à coût modéré dans les nouvelles zones d'urbanisation, en collaboration avec la SNHBM et le Fonds du Logement. Nous avons entamé ce processus dès 2002 avec ces acteurs, avec la réalisation de 38 logements, expérience qui s'est révélée très positive.

Un des objectifs parallèle consiste à atteindre une mixité sociale…et ça marche. En voie de réalisation, le lotissement Op Edemer de 10,71 ha avec une capacité de 351 logements.

Pourquoi avoir décidé de construire une nouvelle école à Capellen? Que proposera-t-elle?

Une demande de logement croissante signifie logiquement une augmentation de la population, et donc de nouvelles infrastructures, comme cette nouvelle école.
Aussi, le Conseil communal a donné son aval pour la réalisation de la nouvelle école qui sera dotée d'une maison relais. Le début des travaux a été fixé pour septembre 2010.
Celle-ci comprendra deux salles de classe pour le précoce, quatre pour le pré-scolaire et douze pour le primaire. La décision concernant la maison relais vient de la réflexion selon laquelle il serait judicieux de regrouper à terme tous les élèves habitant à Capellen et dans le voisinage immédiat (à l'instar de Holzem) sur un même site. Dans ce contexte, d'ailleurs, la commune répond pleinement aux exigences de la nouvelle loi sur l'enseignement fondamental.

Quelles sont ou seront selon vous les répercussions de la crise économique et financière sur la commune?

Comme j'aime à le dire, Mamer, comme toute autre commune, n'est pas une île. Dès lors, nous rencontrerons certainement des difficultés financières : la dotation de l'Etat risque de diminuer, les recettes commerciales également.

Cela dit, la bonne gestion de la commune nous permettra d'y faire face assez aisément, je pense. En effet, Mamer dispose d'un excédent budgétaire de 7,3 millions d'euros par an. En d'autres termes, la commune possède une marge d'investissement de 18,4 millions d'euros pour cette seule année. Mamer s'emploie à mener une politique économique anti-cyclique. Ainsi, la plupart des investissements seront réalisés au niveau des travaux d'infrastructure, notamment la finalisation du réseau de gaz qui desservira 95% des habitants avec ses 65 km de conduites de gaz! Il s'agit du réseau de gaz le plus développé sur tout le territoire luxembourgeois.

Le Conseil communal a décidé de réserver une tranche du budget d'investissement pour des travaux de réfection, de réparation et de rénovation d'infrastructures communales existantes réservées à des entreprises artisanales issues prioritairement de la commune ou de la région.
En outre, la commune de Mamer poursuit ses principaux projets comme la finalisation des travaux du nouveau centre culturel – d'ici 2010 – comprenant une salle de spectacle d'une capacité de 500 personnes et des locaux destinés à l'école de musique de LUGDA.

 

Qu'en est-il de la généralisation de la limitation de vitesse à 30 km/h?

Nous avons effectivement décidé de limiter la vitesse à 30 km/h sur l'intégralité de la voirie communale. Cependant, la limitation de vitesse sur les axes du ressort de l'Etat comme la route principale, par exemple, reste de 50 km/h.

Tout comme dans bon nombre de communes, les zones 30 nécessitent un temps d'adaptation. Cela dit, j'ai l'impression que l'initiative a été bien accueillie. La première motivation consistait à renforcer la sécurité des piétons, bien sûr, avec comme priorité le chemin de l'école. Nous avons pu dès lors constater que le Pedibus, un système original consistant à accompagner les enfants à l'école sur un chemin bien déterminé, connaît un succès grandissant. De surcroît, qui dit zone 30 dit moins de rejets de CO2 et moins de nuisances sonores également.

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