Redange/Attert
Le nouveau lycée
Redange/Attert dans la cour des grands

La construction d’un grand lycée à Redange/Attert pourrait bien modifier la donne socio-économique d’une région pauvre en structures scolaires mais pourtant bien située. L’idée qui se cache derrière consiste à attirer entreprises et commerces, et de créer ainsi un nouveau pôle régional de premier ordre.
Localité pittoresque bordée par l’Attert, Redange/Attert est située à quelques encablures de la frontière belgo-luxembourgeoise (à douze km d’Arlon), à moins de trente km de la capitale. Ainsi, Redange/Attert revêt d’emblée une situation géographique intéressante. Chef-lieu et centre administratif du canton, la localité frontalière regroupe, entre autres, des administrations publiques, des entreprises commerciales et artisanales, un centre médical et plusieurs banques. Autres atouts de la commune, ses nombreuses infrastructures qui sortent de l’ordinaire pour une localité d’à peine plus d’un millier d’habitants (2500 habitants pour le canton): home pour seniors, crèche, centre sportif et de loisirs, piscine, etc. Mais c’est le grand lycée dernier cri d’une capacité de 1200 élèves qui vient d’être inauguré en septembre qui “chapeaute” l’édifice. Il représente le premier projet réalisé selon les nouveaux standards issus de l’harmonisation des programmes.
C’est au cours de deux soirées fin 2007, que le directeur du nouveau lycée, Claude Boever, a présenté les infrastructures ainsi que le projet scolaire et pédagogique au grand public. ./..
Baptisé “Attert-Lycée Redange”, l’établissement est résolument moderne et revêt le principe d’un bâtiment à faible consommation d’énergie. Le site s’étend sur près de dix hectares sur lequel ont été érigés un amphithéâtre, un parc – avec un jardin scolaire – , un sentier éducatif bordé de zones humides avec pour objectif l’éducation écologique des élèves, et des infrastructures sportives polyvalentes. Quant au lycée à proprement dit, il offre des classes spacieuses et high-tech (réseau informatique), des salles de séjour avec cyber-café, une bibliothèque, un restaurant scolaire, une piscine, un complexe sportif de premier cri et même un internat pouvant accueillir une centaine d’élèves.
Le site, concept modulaire architectural de base pour les prochains lycées, est composé de plusieurs volumes architecturaux à échelles adaptées au paysage rural et pavillonnaire environnant, le tout agencé visuellement comme un grand ensemble rectangulaire. Il permettra un gain de temps considérable – essentiellement pour la phase “conception / études” – des futurs lycées. L’objectif consiste donc à standardiser les programmes de construction. Le site est constitué d’un bâtiment principal, du restaurant scolaire, de salles de classe, d’un complexe sportif, de plusieurs ateliers et finalement de l’internat. Clou de la réalisation, le concept énergétique innovant et l’optimisation du confort: consommation énergétique minimale, notamment grâce au raccordement à la centrale de production d’énergie “Biogas un der Attert” et confort hygrothermique maximal via l’utilisation de la masse du bâtiment. L’acoustique par plaques performantes de même que la conception visuelle par éclairage naturel participent elles aussi au confort de premier choix. Quant aux matériaux, ils sont naturels, et contribuent également au respect des ressources naturelles: bois (menuiserie intérieure et revêtement du sol), béton, linoléum, câblage sans PVC et verre. L’investissement représenta toutefois la modique somme de 98 millions d’euros.
L’implantation d’une telle structure à Redange/Attert répond à plusieurs objectifs dont les retombées économiques et sociales devraient être de taille pour la région et peut-être même pour l’ensemble du pays. Elle pourrait aussi pousser d’autres régions à suivre l’exemple. Et, effectivement, la construction de ce lycée se fonde sur le plan directeur sectoriel “lycées” qui répond aux fins suivantes: la décentralisation de l’offre scolaire et par conséquent le renforcement des centres de développement et d’attraction et, ainsi, le développement du tissu urbain des régions. Le gouvernement lui-même a mis en évidence l’existence de zones de “vides scolaires” telle la région de Redange/Attert , déficit d’offre scolaire qui implique un temps d’accessibilité conséquent pour la population de la région. L’orientation commerciale du nouveau lycée, elle, devrait être à même de répondre aux besoins du monde économique et au développement régional recherché par les pouvoirs politiques du canton; en d’autres termes, favoriser l’implantation de petites et moyennes entreprises.
Il reste donc aux acteurs régionaux à s’investir dans cet environnement éducatif de premier choix en proposant par exemple un encadrement scolaire complet, des offres d’apprentissage supplémentaires (comme un programme de formation pour adultes) voire une gamme d’activités culturelles et de loisirs bien plus étoffée pour attirer foule, et par effet boule de neige, de nouvelles entreprises et commerces. Seule ombre au tableau, le budget de la commune, qui n’est bien évidemment pas à la hauteur des ambitions de cette dernière… mais un groupe de travail composé de représentants de la région et de l’école a déjà été mis sur pied avec pour objectif de voir un jour la “bourgade” se métamorphoser en nouvel acteur polyvalent de premier plan.