Développement durable
OAI
Les bâtiments bientôt concernés
Bonjour M. Cruchten. Puis-je tout d'abord vous demander ce que l'on entend par “Energiepass”?
Le Certificat de Performance Energétique renseigne de manière claire et précise sur les performances énergétiques d'une habitation, maisons et appartements. Il est un outil efficace pour les futurs acquéreurs et locataires pour comparer les qualités des différentes habitations proposées sur le marché en termes de consommation d'énergie.
Le Certificat de Performance Energétique s'inspire des modèles de diagrammes déjà connus pour les appareils électroménagers.
Le Certificat de Performance Energétique est devenu obligatoire pour les nouvelles constructions et le sera bientôt pour les constructions existantes en matière d'habitation. Que dit la nouvelle législation exactement? Pouvez-vous nous donner des précisions?
Pour les nouvelles constructions, Le Certificat de Performance Energétique est obligatoire depuis le 1er janvier 2008 pour toute nouvelle construction et, dans certains cas, pour l'extension d'une habitation existante. Il doit être joint à la demande d'autorisation de bâtir.
En ce qui concerne les constructions existantes, en matière d'habitation toujours, un Certificat de Performance Energétique est obligatoire dans le cas d'un changement de propriétaire ou de locataire. ./..
Quel est le but recherché? Aura-t-il un impact important d'un point de vue écologique?
Les buts recherchés sont multiples : illustrer de façon objective les performances énergétiques d'un bâtiment, renseigner les consommateurs par des informations aisément compréhensibles, inciter les propriétaires à améliorer leur habitation en termes d'isolation thermique et en équipements techniques comme le chauffage, les capteurs solaires, etc., réduire les émissions de CO2 et la consommation générale en énergie des habitations, notamment.
Ladite loi impose un nouveau standard – condition minimale – qui réduit la consommation en énergie de près de 30% par rapport à celui d'avant 2008. Les subsides de l'Etat encourageant les constructions à basse énergie et passives devraient inciter les propriétaires à améliorer leur habitation.
Toutes ces mesures pourront conduire à une réduction de la consommation en énergie de notre parc immobilier, à condition qu'un contrôle de l'exécution soit garanti. Ce contrôle est prévu dans la Loi mais semble difficile à mettre en oeuvre sur le terrain. Le suivi d'un projet par un architecte ou un ingénieur indépendant paraît dans ces conditions être une des seules solutions valables.
Les bâtiments publics “montrent l'exemple”, généralement? Pourquoi ne sont-ils pas concernés par la directive européenne?
La directive européenne 2002/91/CE du 16 décembre 2002 sur les performances énergétiques des bâtiments concerne tous les bâtiments.
Le Luxembourg a, pour des raisons diverses, souhaité différer l'application de ces mesures pour les bâtiments administratifs et publics, et s'est contenté d'adapter la méthode de 1995. La directive sera cependant d'application au courant de l'année 2009.
Quelles sont pour vous les limites du système? Je pense par exemple à la copropriété. Quelles devraient être les prochaines étapes?
Actuellement, les limites du système résident dans l'exécution des nouvelles technologies du bâtiment. Ainsi, bien que les entreprises luxembourgeoises aient fait des efforts pour s'adapter aux techniques imposées par cette nouvelle loi, force est de constater que des lacunes dans la transposition sur chantier subsistent. Une étude sérieuse et un contrôle permanent sur chantier des ingénieurs et architectes est très important et devient inévitable dans le cas de constructions à basse énergie et passives.
D'autre part, l'usager doit également s'adapter à ces nouvelles technologies. Une construction passive ne peut garantir les économies d'énergie, par exemple, que si l'usager n'ouvre pas grand les fenêtres en hiver pour ventiler, mais que s'il s'appuie sur le système de ventilation intégré prévu à cet effet.