Ville de Luxembourg

Un poumon vert

au centre-gare 

 

 

La Ville de Luxembourg a dans ses cartons 2 projets urbanistiques de taille et qui sont étroitement liés:
la réhabilitation du quartier de Hollerich et celle du quartier de la gare. Ces quartiers ont une fonction
commune, celle d’entrée de la Ville, qui en fait des emblèmes de l’image de la capitale et ils forment
ensemble une colonne au centre de laquelle se trouve le site de Paul Wurth qui devrait également être redéployé, à titre privé et en collaboration avec la Ville.

Rencontre avec Laurent Schwaller, architecte au service de l’urbanisme et du développement urbain.

La Porte de Hollerich

Le quartier n’a intégré la capitale qu’en 1920 et l'industrie y a imprimé sa marque. Ces 30 dernières années, son profil a évolué au profit des services et des équipements publics et sa fonction d’entrée de Ville a été mise en exergue.

Actuellement, le prolongement de l’autoroute venant d’Esch conserve une dominante industrielle et les quartiers de Cessange et de Hollerich sont coupés l’un de l’autre, ce qui n’est pas l’idéal pour un site porteur de l'image de la Ville et qui sera connecté au Trans European Road Network et au réseau ferroviaire continental avec la construction annoncée de la gare périphérique de Cessange.
Face à ce constat, la Ville a entrepris une réflexion urbanistique approfondie, impliquant des acteurs publics et privés et portant sur la nouvelle impulsion à donner à ce site de 120 ha, en matière de mobilité et de qualité de vie. Elle a révélé la nécessité de créer un quartier mixte qui mêlera logements, bureaux, commerces, espaces verts, culture et loisirs.

Un concours international a été lancé en 2004. Les critères d’évaluation étaient, la fonctionnalité (au niveau du concept de circulation et de la prise en considération des différentes catégories d’usagers), la création d’une ambiance de qualité (au niveau de la composition générale du plan, de l'intégration de la gare, de la conception des espaces publics et des infrastructures routières), l’élaboration d’une programmation par phases et enfin, la valorisation du paysage urbain. L'actuel plan directeur se base sur le projet du bureau Teisen & Giesler.
Il s’agira d’augmenter la densité du bâti autour de la future gare périphérique de Cessange dont les travaux devraient commencer vers 2015, condition sine qua non à un développement durable, dans la mesure où elle permettra d'améliorer les conditions de mobilité et de réduire la pollution en augmentant la part des transports publics. Il est également prévu d’instaurer un tram.

L’autoroute sera transformée en un boulevard urbain scindé en 2 branches: l’une se dirigeant vers le centre, l’autre vers la gare centrale. La route, réduite à l’espace minimum nécessaire pour les voitures, sera bordée de constructions qui préserveront le parc et les habitations des nuisances sonores liées au trafic routier.
Dans un 2e temps, des espaces publics seront créés. Ces aménagements paysagers auront pour vocation d’atténuer la cassure entre les quartiers causée par les voies ferrées et l'autoroute et d’inscrire la Porte de Hollerich dans un réseau de voisinage. Le quartier de Cessange, plutôt résidentiel, et celui d’Hollerich, plutôt orienté business, seront reliés par des chemins agréables pour les piétons et les cyclistes.

Le site, à la topographie complexe et sensible, se trouve à l'entrée de la vallée de la Pétrusse dont la réhabilitation en une promenade verte le long du ruisseau vers Merl est une des idées-phares du projet.
L’accent sera porté sur une qualité paysagère et architecturale très élevée et sur la protection des qualités écologiques existantes.
 
 
Le quartier gare – Luxembourg central

Un an après la Porte de Hollerich, un concours d’architecture et d’urbanisme international a été organisé en 2005 portant sur le quartier gare et s’appuyant sur un plan directeur. Sur une cinquantaine de candidatures, c’est celle d’une équipe franco-allemande qui a été sélectionnée, en l’occurrence celle du bureau Chaix & Morel et associés de Paris et du bureau JSWD de Cologne.

La zone à restructurer s’étend sur 27 ha, dont 6 sont occupés par des voies ferrées.
Ce site, majoritairement industriel, a plusieurs particularités: d’abord, c’est la principale plateforme de transports publics du Luxembourg, c’est aussi le quartier le plus peuplé de la capitale. Il s’agit donc d’améliorer à la fois le confort des usagers des transports en commun en facilitant les échanges entre les différents modes de transport et la qualité de vie des habitants. D’un point de vue urbanistique, l’objectif est de recadrer ce quartier qui semble se trouver hors de la Ville et de créer de nouvelles connexions entre les quartiers gare et Bonnevoie.

Le projet gagnant prend le parti de recouvrir les rails et une partie de la rocade par une dalle sur laquelle sera créé un parc de 8 ha, un audacieux challenge en matière de construction qui sera réalisée en acier composite et qui a été élaborée par une équipe pluridisciplinaire composée d’ingénieurs, d’architectes et d’experts en infrastructures routières et ferroviaires.
Ce parc sera non seulement un point d’attrait pour le quartier et pour la ville entière, mais aussi un élément de marketing. L’idée est de créer, en contrepartie de la vallée de la Pétrusse, une colline verte au-dessus des rails. Les rails se trouvant au même niveau que le parvis de la gare, il y aura une certaine hauteur à franchir pour accéder au parc, ce qui se fera par des escaliers larges ou plus étroits, des rampes ou des ascenseurs ou, à certains endroits, de plain pied.

Le tout s’inscrit dans un concept global de mobilité. Il ne s’agit pas de diaboliser la voiture mais de trouver un juste équilibre entre la marche à pied, le vélo, le train, le bus et le tram qui sera intégré à la rue de la liberté où l’espace réservé aux voitures devra donc être réduit. Les routes existantes seront maintenues, réaménagées et reliées au futur boulevard de Hollerich. La rue de la gare et la rue de la liberté seront bordées d’arbres de manière à devenir de véritab
les boulevards, mais elles ne pourront pas être élargies. La circulation automobile sera déviée vers l’Est, plus précisément la rocade de Bonnevoie, qui sera couverte entre la route de Thionville et les rotondes. Un parking souterrain sera créé entre la rocade et les rails. La couverture sera prolongée jusqu’aux rues du puits et dernier sol pour permettre le passage des piétons et des cyclistes entre les quartiers et de ne pas rencontrer de barrière constituée par la rocade. Il est prévu de faire de la place de la gare un espace piéton qui accueillera des terrasses et différentes manifestations. La gare routière sera transférée de l’autre côté au rez-de-chaussée d’un immeuble de manière à ce que les voyageurs puissent y accéder tout en restant couverts. Il importe également de donner à la gare l’espace nécessaire aux fonctions. Le nouveau hall vitré, qui constituera une annexe de 6.000 m2 abritera des commerces et des restaurants. Le parc sera percé de larges “hublots” qui confèreront un éclairage naturel au hall.

L’intérêt des exploitants à s’installer sur le site a été contrôlé. Ainsi, il est prévu d’y implanter des commerces, un cinéma, un hôtel et une salle des congrès, des commodités qui sont importantes à côté d’une gare, notamment avec l’arrivée du TGV.

Le plan directeur a été présenté au collège échevinal qui conserve l’initiative et la coordination du projet et qui a donné son accord. Reste à fonder une structure qui accompagnera son développement et qui regroupera les nombreuses instances qui y sont engagées (ministères des Transports, des Finances, des Travaux publics et de la Culture, administration des ponts et chaussées…).

La réalisation est prévue par phases. La 1re phase concernera vraisemblablement la partie Nord. Le service urbanisme estime que les travaux pourraient débuter en 2010 et durer 3 ans pour la 1re phase. A ce moment-là, les ateliers des CFL seront libérés et pourront être démolis. D’ici 2020, le projet pourrait être réalisé dans son entièreté.
Les trains devant continuer à circuler le temps des travaux, la mise en place de la couverture se fera de nuit et ce n’est qu’une des contraintes qui font la spécificité du projet.

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