Atelier de travail concernant le paquet « climat / énergie » proposé par la Commission européenne

Lucien Lux: « Une ambition réaliste et flexible est de mise »
En date du 28 février, le ministère de l’Environnement a organisé, en collaboration avec le ministère de l'Économie et du Commerce extérieur, un premier atelier de travail au sujet des propositions de la Commission européenne concernant les objectifs post-2012 en matière de réduction des émissions de CO2 et de promotion de l’utilisation des énergies renouvelables. Ces propositions, présentées le 23 janvier 2008, interviennent suite aux objectifs ambitieux retenus par le Conseil européen en mars 2007 :
– réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990 (objectif unilatéral), voire même de 30% sous réserve de la conclusion d’un accord international global sur le changement climatique ;
– atteindre une proportion de 20% d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique totale de l’UE d’ici 2020 ;
– atteindre une proportion de 10% de biocarburants dans la consommation totale des carburants routiers d’ici 2020 ;
– augmenter de 20% l’efficacité énergétique d’ici 2020.
Le paquet climat / énergie comprend entre autres une proposition modifiant la directive concernant le système d’échange de quotas d’émission (EU ETS), une proposition de décision relative à la répartition des efforts nationaux à fournir pour respecter les engagements communautaires susmentionnés en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre (secteurs non couverts par le EU ETS), ainsi qu’une proposition de directive relative à la promotion des sources d’énergie renouvelables afin de contribuer à la réalisation des deux objectifs précités.
Lors de cet atelier de travail, auquel des députés, des représentants des ministères et administrations impliqués, les chambres professionnelles, les organisations non gouvernementales, les acteurs économiques ainsi que toutes les autres organisations concernées ont participé, les propositions de la Commission ont été présentées en détail par le Ministère de l’Environnement et le Ministère de l'Économie et du Commerce extérieur. Des interventions successives du Dr Ewringmann du Finanzwissenschaftliches Forschungsinstitut (FIFO) an der Universität zu Köln ainsi que de M. Winkin, secrétaire général de la Fedil, ont permis d’aborder les implications des propositions de la Commission pour le Luxembourg. Alors que l’harmonisation des règles d’allocation de quotas d’émission aux installations industrielles couvertes par le système d’échange de quotas d’émission a généralement été accueillie de manière favorable, les intervenants ont néanmoins mis en garde contre l’adoption du paquet climat / énergie avant celle de règles claires et transparentes. Les efforts demandés au Luxembourg en matière de réduction des émissions de CO2 dans les autres secteurs (transports, bâtiments, agriculture, etc.) ainsi que pour ce qui est de l’augmentation de la part des énergies renouvelables dépassent les potentiels au niveau national. La plupart des intervenants, sans vouloir mettre en question la nécessité d’une approche ambitieuse, ont néanmoins souligné les insuffisances au niveau des instruments de marché prévus par la Commission européenne.
Le ministre de l’Environnement Lucien Lux a rappelé la nécessité de conclure d’ici fin 2009 un accord international en matière de lutte contre le changement climatique. Il a ajouté : « Comme la Commission nous demande des efforts qui dépassent nos potentiels nationaux, ce qui est légitime, elle ne devrait cependant pas nous priver des instruments nécessaires pour réaliser ces objectifs ambitieux avec un rapport coût-efficacité acceptable ».
communiqué par le ministère de l’Environnement